Un weekend idéal

Il arrive régulièrement d’entendre des visiteurs de passage dire qu’il n’y a pas grand chose à faire ou à voir à Moncton et ses environs. Ces gens-là restent 2-3 jours, font le tour de la ville, visitent quelques parcs, puis s’en vont. C’est vrai que pour les voyageurs, qui sont passés précédemment par Montréal, Québec, Toronto et qui arrivent à Moncton, la ville et ses alentours peut paraitre légèrement « plate » (= décevant). Soyons honnêtes, nous aussi, on a eu cette impression au début. Mais avec le temps, on commence à avoir nos bonnes adresses, voir même à se faire plaisir. Il se trouve justement que la fin de semaine passée, c’était la fête à Madame (= son anniversaire). C’était l’occasion de tester des activités qui sortent de l’ordinaire.

C’est de cette manière que commence notre weekend idéal :

  1. Pour amorcer son samedi, et oublier qu’elle vieilli malgré son apparence juvénile, Madame s’offre un massage professionnel au centre-ville. Au Canada, les massages sont considérés comme un médicament et sont remboursés par les assurances santé complémentaires. Bon, c’est vrai que Madame avait l’impression d’être un spaghetti cuit après son massage mais tout s’aborde avec sérénité après ça.
  2. Ensuite, petit passage par l’atelier de poterie ClaySpace qui fêtait ses deux années d’existence en organisant un petit marché. Inutile de dire que Madame a fait pas mal d’emplettes et a été gâtée par ses amies.
  3. Surprise de son chum (= Monsieur) ! Sur la route qui mène à Hopewell Rock, il existe un ranch magnifique dans lequel on peut faire un tas d’activités. Broadleaf Guest ranch propose des hébergements, des activités sportives, un restaurant, et des balades à cheval, bien évidement. Ça se trouve à une bonne demi-heure en voiture de Moncton et le trajet est vraiment agréable avec de beaux paysages et villages à traverser. Les chevaux sont très bien traités, voir chouchoutés, et sont ultra dociles. Après une petite appréhension (huit ans que nous n’étions plus montés là-dessus), nous avons adoré notre longue balade dans les prairies et le long du Petit Codiac. Gare cependant aux courbatures le lendemain 😉
  4. Pour achever notre samedi, notre avons opté pour un restaurant chic, le Bistrot 33, toujours à Moncton. Note salée mais qui la vaut franchement (les anniversaires c’est une fois par an hein).
  5. Le lendemain, nous avons donné rdv à des amis pour tester le labyrinthe de maïs de Salisbury, à 20 minutes de Moncton. Le design du CornMaze change chaque année, et cette fois-ci, il fût logiquement dédié aux 150 ans du Canada. Neuf dollars pour une bonne heure de plaisir (à refaire autant de fois que vous voulez), c’est pas cher. Il y a aussi un petit marché juste à côté avec des fruits, des légumes locaux et quelques objets d’artisanat.
  6. Enfin, disons-le clairement, on était crevé de notre weekend. Pourtant, nous aurions pu partir dans le Sussex, un peu plus loin, pour participer à l’Atlantic Balloon Fiesta. Plusieurs décollages de montgolfières du matin jusqu’au soir, des marchés, des jeux, de la bouffe, etc. C’est là qu’on se rend compte que deux jours, c’est pas assez dans un weekend.

Alors ? Il n’y a toujours rien à faire à Moncton et dans ses alentours ?

Publicités

Le choc des cultures

Avant de partir en vacances pour trois semaines en Belgique, nous nous étions interrogés sur l’intitulé de cet article : « Retour au plat pays », « Enfin les vacances », etc. Il est vrai que nous n’étions pas retourné sur notre terre natale depuis presque 2 ans, c’est-à-dire depuis notre départ définitif pour le Canada. Évidemment, on imagine un retour plein de sentimentalisme avec les retrouvailles familiales, amicales, et tutti quanti.

Les billets ont été achetés il y a belle lurette et on se faisait une joie. Notre première erreur a été de préparer notre valise en fonction du temps canadien, sous-entendu des robes, des shorts, t-shirts, que du très léger. Après deux étés au Nouveau-Brunswick avec des températures moyennes entre 25 et 35 degrés et un ensoleillement plus que généreux, on ne se pose pas trop de questions. Tu vois cher lecteur où je vais en venir.

Bon, on voyage confort, comme des vrais canadiens qui ont l’habitude de prendre l’avion : jogging, sneakers (= baskets), et coussin pour la nuque. Le voyage se passe sans encombre, le ciel est clément et un ami cher nous tend les bras à notre arrivée. Mais avant ses retrouvailles, un passage obligé : récupérer les valises.

Vous connaissez certainement ce moment où chacun s’agglutine pour récupérer en premier sa valise. Premier choc des cultures. Quand au Canada, tout le monde (en général) est respectueux et prend son temps sans se bousculer, en Belgique tu dois te frayer un chemin parmi la foule compacte et tenter d’en sortir une fois ta valise récupérée sans que personne ne s’écarte ou s’excuse d’être dans le chemin. Dans ce bordel sans nom, une seule personne s’est écartée et excusée, c’était un canadien.

Notre ami nous récupère, on est content de se revoir. Second passage obligé : faire la file pour payer le ticket de parking. Second choc des cultures. Nous faisons la file durant 5-10 min, c’est notre tour, et une dame nous passe devant. NORMAL. C’est idiot mais on est choqué. Dans cet aéroport et même durant l’entièreté de notre séjour en Belgique, nous avons été confronté à des incivilités quotidiennes auxquelles nous ne sommes tout simplement plus habitués. Le plus flagrant étant certainement les services. On se comprend : tu payes pour un service, au Canada (de nouveau, je note en général) le client est roi. Si un client est content, il reviendra et te fera une bonne pub. C’est un concept que nous avons évidemment rapidement assimilé dans notre pays d’adoption. En Belgique, le « Bonjour Madame/Monsieur », le « Merci Madame/Monsieur », le « Au revoir Madame/Monsieur » et le « Passez une bonne journée » avec un sourire, est devenu une denrée rare. Et franchement, ça fait une fameuse différence dans ton quotidien.

Inutile d’ajouter que les robes, shorts et t-shirts sont restés dans la valise. On a opté pour des chandails (= pulls), jeans, et K-way en plein mois d’août. Youpi. Je l’accorde, c’est pas un choc des cultures mais uniquement un choc météo.

Alors oui, ce fût un retour plein de sentimentalisme avec les retrouvailles familiales, amicales, et tutti quanti (on a vachement bien mangé pendant trois semaines). Mais franchement, qu’est-ce qu’on était content de rentrer au Canada.

Ailleurs au Canada : Toronto

Monsieur n’étant pas encore rentré de la Nouvelle-Écosse, Madame a décidé de bouger un peu et d’organiser un petit citytrip entre filles. Tant qu’à faire, on a choisi la plus grosse ville du Canada : Toronto. Situé à 1500 km de Moncton, on a évidemment décidé d’y aller en avion pour gagner du temps (et de l’énergie), et de se loger dans le quartier chinois (pas cher).

Soyons honnêtes, en matière de dépaysement c’est du haut niveau. Il s’agit d’une mégapole similaire à ce qu’on voit dans les films américains avec des buildings, des taxis bicolores, du bruit, et la vie culturelle qui va avec. On a dû marcher une dizaine de kilomètres chaque jour. Bien que le tram soit facile à utiliser, on a préféré marcher car il s’agit du moyen le plus efficace pour tomber en amour avec la ville. Difficile d’avancer sans avoir perpétuellement le nez en l’air tant il y a à voir.

C’est idiot, mais au delà des buildings, le premier truc qui m’a marqué c’est la diversité de la population locale. J’avais lu que 50% des habitants de la ville n’étaient pas nés au Canada, mais je ne pensais pas que cela serait si visible. Voir mille facies différents faire mille choses ensemble, comme sortir, travailler, se marier, faire des bébés, etc. c’est littéralement la chose la plus cool et positive que j’ai vu de ma vie. J’aimerai tellement voir de telles scènes de manière quotidienne à Moncton (on y croit, c’est en marche).

Pour résumer notre séjour, on a mangé, on a visité des musées et aquarium, fait du shopping à outrance, vu un concert de nu métal en plein air, et profité d’activités que je pensais réservées à des gens riches. Les rencontres et la chance ont fait de ce séjour une fantastique découverte qui mérite amplement d’être renouvelée avec Monsieur.

Plus de photos de ce voyage sur notre compte Instagram Nad_Andy

Monsieur est parti en N.É.

On vous rassure directement, tout va bien dans le foyer de Monsieur/Madame mais parfois, on fait face à des opportunités qui ne se refuse pas. Il y a peu de temps, Monsieur a été contacté pour donner des cours de français et des workshops artistiques à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse. Logé et nourri pendant 5 semaines, il vit actuellement sur le campus situé dans la Baie Sainte-Marie, bastion acadien de la Nouvelle-Écosse.

À vol d’oiseau, c’est vraiment pas loin (à l’échelle du Canada). Mais en pratique, c’est quand même à 5 heures de route en voiture. Tiens, en parlant de voiture… Ben, Monsieur est parti avec. Madame ne lui en veut pas, il en a plus besoin qu’elle. N’empêche, gouter à ce genre de facilité pour retourner au stade piéton ou cycliste pendant 5 semaines, c’est un peu chiant galère.

Certains pensaient que Monsieur reviendrait à la maison pendant quelques weekends mais vu l’implication que son travail lui demande, c’est mission impossible. Il profite donc de son temps libre en explorant le site autour du campus : possibilité d’accéder à la plage à pied, installations sportives, type piscine, etc. Voici quelques photos de son cadre de vie quotidien ci-dessous.

Il participe également aux activités organisées par l’unif pour les étudiants (mais aussi les professeurs), telles que la soirée toge, concert de CY, pratique de théâtre amateur, concours artistique, etc.

Pendant ce temps, au Nouveau-Brunswick, Madame se nourri exclusivement de chocolat pour se réconforter de l’absence de Monsieur (c’est pour rire). En vrai, elle a arrêté de se faire à manger, va un peu trop au resto, et prévoit d’écrire un guide des meilleures cuisines de Moncton (c’est pour rire aussi, mais pas tant que ça).

Ailleurs au Canada : Halifax

On a profité de la fin de semaine de Pâques pour bouger un peu et enfin dépasser les 50km/h avec notre nouveau char. Madame a un peu craqué en s’offrant un des plus beaux hôtels d’Halifax, tant qu’à se faire plaisir, autant ne pas le faire à moitié. On n’a pas vraiment fait gaffe à la météo mais on a été plutôt chanceux avec des quelques belles éclaircies. Et même si les locaux se baladaient en t-shirt, Madame et Monsieur étaient plutôt pull, manteau + écharpe. Chacun son degré de tolérance au vent marin.

Il est certain qu’Halifax nous change de Moncton. C’est une ville, une vraie. Avec des gens dans les rues, des sans-abris qui se battent, des policiers, des voitures qui ne te laissent pas traverser, haaaa… les joies de la vie citadine. Il ne s’agit pas vraiment d’une critique, c’est juste qu’on avait oublié comment c’était en vrai. Le positif c’est évidement les restos, les boutiques, les hôtels, les musées, les sites historiques, etc. Weekend de Pâques oblige, il y avait pas mal de choses fermées mais c’est intéressant de voir une ville en dehors de ses heures touristiques (qui commencent le 1er mai). Les gens que tu croises sont forcément des locaux qui vivent et travaillent là. C’est un peu comme visiter un endroit incognito. Bon, c’est sur qu’on s’est fait griller dans un pub irlandais, notre accent nous a vite trahi. Malgré cela, l’accueil fut d’autant plus chaleureux et nos agneaux braisés, ainsi que Chiken’n chips curry, furent de délicieuses découvertes culinaires. Le tout arrosé de bière irlandaise bien-entendu.

Même si la météo était de notre côté, on était un peu déçu de ne pas avoir de feuilles sur les arbres. On devine une ville très verdoyante mais sans feuilles ou fleurs, le regard s’arrête au béton des bâtiments administratifs. Heureusement il y a un nombre important de jolies petites maisons classées qui sont très colorées, ça égaye pas mal les rues lors des saisons plus tristes.

Les fermetures de Pâques ont un peu chamboulé notre planning de visites mais malgré cela il nous aurait fallu quelques jours de plus pour arpenter tous les sites intéressants. Il est plus que probable qu’on y retourne (il n’y a que 2h30 de route entre Moncton et Halifax) mais plutôt l’été, juste pour les feuilles 🙂

Un char tout neuf

La galère du déplacement est révolue ! Moi pis mon chum on a magasiné un char tout neuf (faut le dire avec l’accent). On ne voulait pas s’endetter pour une voiture comme la majorité des gens d’ici et on ne voulait pas voir disparaitre nos économies dès notre arrivée. Alors on a marché et pédalé pendant un an et demi dans une ville pas faite pour les piétons ni les cyclistes. Mais ça en valait la peine. Alors, pour ceux qui se posent des questions sur « comment t’achète un char au Canada ? », on va vous conter notre expérience.

Déjà, la période d’achat est importante puisque nous voulions du neuf à un prix raisonnable. On se doutait qu’en début d’année 2017 on trouverait des modèles de 2016 avec une jolie ristourne. Par contre, janvier-février, voir début mars, y’a encore pas mal de neige et on voulait repousser le pelletage à l’hiver prochain. So, on a opté pour notre magasinage à la mi-mars en se disant qu’on prendrait une décision avant la fin du mois. On a donc été chez divers concessionnaires afin de voir ce qu’on nous proposait pour un budget donné. On avait déjà une idée globale de ce qu’on voulait : une petite voiture (rien que ça ici, quand tout est XXL, c’est galère), une manuelle (galère aussi à trouver, mais moins cher), assez costaude pour résister à l’hiver, neuve et airco indispensable pour l’été. Il y en avait une d’ailleurs qui nous intéressait plus que les autres avec une promotion intéressante. Nous avons donc été chez le concessionnaire qui vendait le véhicule en question en prenant rdv au préalable. Le vendeur était juste catastrophique. On lui dit ce qu’on veut, il nous répond à demi-mot que ça le fait chier de commander la voiture qu’on veut et qu’il vaudrait mieux regarder ce qu’il a en stock. On est poli, on regarde mais ça ne correspond pas exactement à ce qu’on souhaite (même si on reste flexible). Il a une voiture qui ressemble à celle qu’on voulait mais plus cher, moins équipée et automatique. Il remarque qu’on réfléchi et nous dit : « Bon je vous fais un prix, mais faut la prendre tout de suite alors. » Évidemment, on se braque et on l’envoie balader gentiment en lui disant qu’on va y réfléchir. Il nous répond : « Je serais un mauvais vendeur si je n’essayais pas de vous forcer la main. » Ooooookkkk.

On essaye d’autres concessionnaires, dont un où on arrive sans rdv, il est gentil, poli, absolument pas insistant, il nous fait un prix imbattable sur une voiture qui correspond vraiment à nos critères. Une semaine plus tard, on le rappelle et on l’achète (la voiture, pas le vendeur). Pour la petite histoire, le commerçant insistant a rappelé alors que nous avions pris notre décision : « Vous êtes décidés pour un concurrent ? On peut encore négocier hein ! » Ce type a certainement dû vendre son âme au diable, on ne voit pas d’autre explication.

Pour ce qui est d’ordre pratique, on pensait devoir chercher et payer les plaques d’immatriculation, gérer avec les assurances, etc. Mais en réalité, le concessionnaire s’est occupé de tout et on a rien payé (enfin disons que tout était compris). Le service est top et c’est très facile. On a payé avec un chèque certifié et tadaaa ! Un char tout neuf rien qu’à nous !

Astuce mignonne : tu peux personnaliser tes plaques d’immatriculation en faisant un don à la préservation de la faune et la flore du Nouveau-Brunswick. Nous avons opté pour une petite mésange, mais tu peux aussi avoir une fleur, un poisson ou un cerf.

Notre 1ère tempête

Après l’épisode de la pluie verglaçante, il est temps de vous narrer notre première vraie tempête de neige. On a envie de dire : « Il était temps ! ». Ou l’expression de Monsieur qui regardait par la fenêtre ce lundi 13 février : « Haaa, le Canada comme je l’avais toujours imaginé ! ». Il se trouve que l’hiver 2015-2016 a été très doux avec peu de neige. Monsieur avait été très déçu et maudit plusieurs fois le réchauffement climatique. L’hiver 2016-2017 a démarré en demi-teinte : froid, chaud, pluie, un peu de neige, rien de bien palpitant. Puis, il y a eu la pluie verglaçante. Vous l’avez lu dans le post précédent, c’est pas cool. Et enfin, miracle ! La belle tempête de neige ! Sortie tout droit de l’imaginaire d’un européen quand il pense à la météo canadienne. Des gros flocons qui tombent non-stop pendant plus de 24 heures avec des belles rafales de vents. On avait de la difficulté à voir l’immeuble d’en face, les parcmètres disparaissaient au fil des heures et les chasse-neiges ne passaient pas (tout était instantanément recouvert).

Étant un lundi matin, Madame s’était préparée comme d’habitude pour aller travailler. Elle voyait la neige dehors mais se disait : « Bah, ça va, y’a moyen d’aller sur place à pied, y’a quoi 15 cm ? ». Heureusement que tout était fermé, y compris son bureau, parce qu’il y a un truc auquel elle n’avait pas pensé : comment rentrer chez soi à 17h avec 50 cm de neige dans les genoux et des rafales de vent dans la tronche ? Monsieur lui, a été vachement plus courageux. Vers 15h, il devait absolument déposer des dessins à son atelier et braver la tempête. Revenu une demi-heure plus tard, il raconta ne rien voir au-delà de 20 mètres et avoir cru s’envoler, balayé par le vent. Après 16h, toutes les routes étaient interdites aux véhicules privés pour laisser place uniquement aux véhicules d’urgence. Bref, il n’y avait plus un chat à l’extérieur.

Le mardi matin, une fois le soleil revenu, nous avons découvert la signification du verbe « pelleter ». D’habitude, étant en appartement, des entreprises s’occupent de déblayer les entrées de l’immeuble et nous n’avons pas à nous occuper de cela. Sauf que, nous avions le plaisir immense d’avoir une voiture à prêter pour quelques temps. La neige ne s’est évidemment pas privée de la recouvrir d’un beau manteau blanc que nous devions dégager à coup de pelles, gracieusement prêtées par les voisins. Curieusement, en 20 minutes top chrono, nous avions tout déblayé. Fiers comme des paons, nous sommes parés pour la prochaine tempête prévue pour ce soir.